MAIS LA GUERRE ÉTAIT-ELLE FINIE?

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Il est certain que la circonstance d’être une contrée frontalière donne des caractéristiques spéciales à ce qui est arrivé à ces moments-là. Deux ou trois jours avant la fin, sortait ce qu’on a appelé le dernier train vers la France. La plupart des personnes qui avaient occupé des postes de responsabilité ou qui s’étaient détachés par n’importe quelle raison ont quitté la ville. Cela fait que la répression postérieure à la guerre ait été inférieure, en ce qui concerne les chiffres, à celle d’autres contrées catalanes.
La fuite a été faite en direction à Prats de Molló. On se souvient de la queue interminable de soldats, réfugiés, blessés et des gens de toute condition allant vers l’autre côté de la frontière par la route de Sant Joan vers Camprodon. Juste après l’occupation on a constitué dans la ville, sous les ordres de l’autorité militaire, une Commission Gérante intégrée par Eduard Suñer, Ramon Parramon, Josep Vives, Ramon Pla, Eudald Casanova, Francesc Ticó et Josep Orriols.
Ces nouvelles autorités, toujours sous le contrôle militaire, ont été chargées d’instaurer à Ripoll l’ordre nouveau qui représentait le triomphe franquiste.
La guerre était finie…mais, c’était ainsi pour tout le monde? Ce qui s’initiait à ce moment-là c’était une nouvelle période de répression, cette fois légalisée, systématique, contre tous ceux qu’on considérait “vaincus”, qui configuraient un seul ensemble où l’on ne fallait pas faire des distinctions. Ils étaient tous “rojos”.

Si on parle des fugitifs, de ceux qui ont traversé la frontière les derniers jours, le problème principal consiste à en savoir le nombre avec exactitude. Un rapport fait le 18 février sur la situation du village, onze jours après l’occupation par le sergent Dato, indique que” (…) au moment où le Mouvement a commencé, le recensement de ce village comprenait quelques 7.500 habitants, soit 1.000 se seraient enfouis à cause de leurs impayés avec la justice” (…) Ce que l’on raconte est peu précise et, en fait, le plus probable c’est qu’une chiffre si élevée comprenne, en plus des habitants de Ripoll qui aient pu partir, quelques réfugiés qui séjournaient à ce moment-là au village. Il y a une autre question aussi difficile à cet égard: savoir les endroits concrets où ils sont arrivés. Évidemment, la plupart est allée en France, mais nous ne savons pas combien ont terminé dans les camps de concentration, par exemple, ou combien ont continué leur fuite vers d’autres pays, tels que Mexique ; toutefois on a la certitude, grâce à des témoins, qu’il y a eu des exilés de Ripoll qui se sont décidés par ce dernier pays.

Le destin de ces exilés a été inégal. Quelques-uns, ceux qui sont restés en France, ont subi les conséquences de la 2e Guerre Mondiale. Parmi eux, au moins trois sont morts dans un camp de concentration nazi. Ils s’appelaient Ramon Altesa Oró, Lluís Puigcorbé Martí et Antoni Soler Espinat. Les trois ont été confinés à Stalag –un camp de prisonniers– et à Mauthausen, et ils sont morts à Gusen en 1941. Les trois apparaissent, avec la mention de leur naissance à Ripoll, dans le livre de Montserrat Roig sur les catalans aux camps nazis.

D’autres habitants de Ripoll enfuis vers l’autre côté de la frontière ont activement participé dans le “maquis” catalan.

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